Face à la pandémie, les Afriques se réinventent

 

Dans une chronique à Mondafrique, Patrice Fonlladosa, président (Re)Sources et président Afrique CEPS plaide pour une quête d’un nouveau mode de développement face aux défis sanitaires et pétroliers.

Ce mardi 21 avril 2020 aura été un jour historique : le grand écart entre d’un coté la chute vertigineuse du prix du baril, avec ses conséquences économiques et sociales d’impact court terme, et le prix de la vie qui n’a jamais été aussi haut.

Un prix négatif du baril, qui renvoie aux abimes les efforts faits pour développer les énergies renouvelables, surtout là où elles sont devenues indispensables, en Afrique. Faudra-t-il voir bientôt refleurir les choix des énergies charbonnées, comme déjà la Chine en semble prendre le pas ?
Nous sommes entrés dans une vois impensable il y a encore quelques semaines, des choix stratégiques et déterminants pour l’avenir des nôtres. Ceux qui déjà vivent, tentent de trouver un avenir meilleur pour leurs propres enfants, vont avoir à choisir : soit le court terme et l’escalade du renouveau d’un monde « d’avant », soit une fantastique percée sur l’avenir et cette quête d’un monde plus « nouveau ». Il faut choisir.
Le moment -quelques mois à peine- nous renvoie à nos choix essentiels : l’économie ou la vie, l’existence ou la pérennité… Et là, les Afriques(s) se réinventent. Ce besoin et cette nécessité vitale de sauver d’abord l’homme avant toute autre considération mérite d’être saluée.

L’intérêt général réhabilité

Les 54 Pays d’Afrique ont décidés de gérer chacun leurs solutions -comme nous d’ailleurs si baroque en Europe….- avec des fortunes pour l’heure diverses. Les droits de l’homme s’offusquent, s’étouffent parfois mais force est de constater que protéger d’abord et avant tout sa population -donc, ses talents, son innovation, sa jeunesse et sa générosité- engagent les pouvoirs publics au premier niveau. Certains y souscrivent. D’autres, hésitent.. Le marteau de l’histoire donnera raison aux uns et aux autres.
Mais une chose est sure, le jugement des peuples sera sévère, comme une sorte de réhabilitation de cette notion d’intérêt général oubliée depuis une dizaine d’années.
Le cours du baril a chuté, il reviendra sans doute à un cours moyen mais relativement faible tant qu’il ne sera pas poussé par cette course à la « croissance » et l’industrialisation. Pas tout à fait certain que nous reprenions une course folle ..

Les pays africains producteurs voient s’effondrer leurs ressources budgétaires. Ils ne sont pas quelques centaines de milliers …mais près d’1,34 Md de femmes et d’hommes à vouloir vivre dignement, et ils savent que les années qui viennent vont être dures, difficiles, de choix essentiels. C’est une occasion unique, historique -certains l’ont déjà bien compris et l’anticipent en Afrique(s)- pour prendre ce pas d’avance et changer les paradigmes traditionnels et séquencés du développement.

Nous, l’Europe, le France, devront être là et à leur(s) coté(s), parceque c’est notre interêt universel et partagé.

 

Par Patrice FONLLADOSA,
Président (Re)Sources
Membre du Comité Stratégique Avisa Partners
Président Afrique CEPS

 

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