Un Etat qui redevient stratège en y associant les français !

 

 

 

Le redressement de notre pays après la crise imposera un pilotage fort et centralisé. Ce besoin sera d’autant plus nécessaire si, comme l’a envisagé le Président, des changements majeurs s’imposent pour redonner à notre pays une indépendance stratégique dans les secteurs vitaux (au sens humain et économique).
Notre industrie a connu dans les années 60/70 un développement spectaculaire, dont nous bénéficions encore, dans des secteurs stratégiques comme le nucléaire et l’industrie aérospatiale. Ce développement rapide a été le résultat du volontarisme industriel du Général de Gaulle et de Georges Pompidou. Mais nous sommes au 21° siècle. L’Etat conserve certes sa légitimité (et encore…) mais n’a plus le savoir exclusif ni les compétences pour imposer seul une stratégie économique et industrielle.
C’est donc une nouvelle méthode qui s’impose associant aux côtés de l’Etat les acteurs économiques et sociaux. Il est proposé de mettre en place une « task-force » dépendant du Premier Ministre et rassemblant des compétences issues du public et du privé dont les principales missions seraient les suivantes :
Des missions de nature stratégique : proposer la cible stratégique à un horizon 2030/2040 et les feuilles de routes par domaine de ce que doit être l’économie de la France.
La vision stratégique doit être un objectif partagé et mobilisateur pour l’ensemble des français et des acteurs économiques. C’est un « contrat » qui engage, et qu’il faut donc respecter. La vision doit comporter des objectifs quantifiés non seulement sur l’horizon final mais aussi sur des étapes intermédiaires par exemple 2, 5, 10, 15 ans. Elle doit donner à chaque français la fierté de défendre une cause supérieure nationale s’inscrivant dans un cadre européen voire planétaire (pour ce qui concerne le climat). Approuvée par le Premier Ministre elle devrait faire l’objet d’un débat au Parlement.
Les feuilles de route déclinent la vision stratégique par domaines d’activité homogène. L’objectif est de rassembler dans un même projet l’ensemble des actions et d’en assurer la cohérence. C’est une démarche classique de gestion de projet qu’il faut appliquer (organigramme des taches, suivi de planning, gestion des risques ou recours…).
Des missions de nature opérationnelle : la « task-force » s’assure que les dispositions sont en place pour permettre de respecter les objectifs. La démarche doit être prioritairement proactive, en mettant en place les dispositions favorables mais aussi correctrice en apportant une solution rapide à tous les points potentiellement bloquants. La « task-force » n’a pas de responsabilité opérationnelle directe sur les projets eux-mêmes. Ce sont les entreprises qui en restent les seules responsables.
Cette méthode devrait s’appliquer en priorité aux trois cas, qui seront à traiter, relevant de problématiques différentes, même si la méthode préconisée reste la même : la relocalisation ou le développement d’entreprises stratégiques (par exemple l’industrie pharmaceutique), le retour d’entreprises délocalisées même non stratégiques, et le soutien aux entreprises mises à genoux par la crise dont la pérennité est un élément essentiel pour la réindustrialisation du pays.
Un choc de confiance s’impose pour contrer l’individualisme qui nous handicape et pour retrouver notre ADN collectif qui nous a permis de faire de notre pays une grande nation. C’est en se fixant une cible ambitieuse de notre avenir et une méthode pour l’atteindre que la confiance s’imposera comme un puissant moteur de développement.

 

Par Bernard PLANCHAIS,
Président de BPL CONSEIL

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