“L’après crise sanitaire entre renouveau et tension, quels enseignements tirer, quelles perspectives d’avenir envisager ?”

 

 

 

 

Si vis pacem para bellum.

Puisque le gouvernement a officiellement déclaré la guerre au coronavirus (SARS-CoV-2), il sera utile dans l’immédiat après crise de faire un bilan honnête, même en comité restreint, sur les plans et stocks d’urgence que nous avions prévus en temps de paix. Sans chercher à établir pourquoi notre système public et notre tissu industriel se sont retrouvés dépourvus de biens essentiels (masques, tests, gel hydroalcoolique…) à contrario de certains de nos voisins proches ou lointains, le premier enseignement essentiel sera de comprendre comment se préparer à la prochaine pandémie d’ampleur mondiale qui ne manquera pas d’arriver dans la prochaine décennie.

D’abord, il faudra savoir remercier ces héros du quotidien, qui ont su, jour après jour, intervenir pour servir la collectivité sur le terrain (corps médical, gendarmes, policiers, administration pénitentiaire…mais également personnel de nettoyage des entreprises, responsables de sites, transporteurs, éboueurs, épiciers, boulangers…), et certainement savoir redonner de la valeur à l’économie réelle de proximité, à contrario de certains services dématérialisés.
Ensuite, toute crise a le mérite de faire émerger des leaders qui s’attellent à trouver des solutions pour leur pays, leur région, leur société, leur communauté, mais également leur famille et leurs proches. Nous avons heureusement beaucoup de leaders en France. Certains étaient insoupçonnés, d’autres étaient pressentis ou connus. Ils ont le mérite d’avoir su à leurs niveaux respectifs définir un plan d’action, décider dans l’incertitude, innover et prendre des décisions qu’ils estiment justes, dans l’intérêt du bien commun plutôt qu’à des fins partisanes. Il faudra s’en souvenir au moment de réorganiser certains postes de travail, de distribuer des responsabilités et des témoignages de reconnaissance.

La société – que ce soit au sens économique, vie en communauté ou structure familiale – a révélé (pour ceux qui n’en étaient pas encore convaincus) sa vertu sociale. Ceux qui ont été contraints de télétravailler (parents comme enfants) s’en sont rapidement rendus compte. Les solutions de visioconférence et d’outils collaboratifs en ligne ont des mérites réels, qui ne sauraient toutefois remplacer les interactions humaines directes. Qui aurait pu imaginer un jour qu’une majorité d’étudiants souhaitent en finir avec le confinement pour retourner à l’école, ou que nous fassions connaissance avec nos voisins de palier.

Enfin que dire de la communication.
D’un côté elle fut constante, omniprésente, parfois unique voire partiale, ce qui amène à se poser la question du devoir de mise en perspective de l’information par les médias. Ceux ci sont-ils seulement censés transmettre l’information brute ou légèrement filtrée par gain de temps? ou l’analyser, la comparer, la mettre en perspective d’éléments similaires pour délivrer un enseignement? Un matraquage médiatique équivalent pour un “simple” épisode de grippe saisonnière nous amènerait certainement à un niveau similaire de stress et de confusion. A défaut de grille de lecture médiatique, le sens critique personnel reste donc une nécessité vitale à enseigner à nos enfants, et leur liberté face aux masses d’informations, vraies, tronquées ou fausses, déversées parfois par les plus qualifiés d’entre nous.
De l’autre la communication fut maîtrisée, en vrai art de la gestion de crise, par des professionnels du domaine. Que ce soit sur la place publique ou dans les sociétés, cette communication a très largement contribué au lien de confiance qui s’est créé, ou délité, au cours du temps. Cet art ne s’improvise pas. Il s’apprend en “temps de paix”, seul, ou inculqué par les meilleurs, et représente le moment venu pour ceux qui le maîtrise un véritable atout pour leur gestion du quotidien, et l’atteinte de leurs objectifs.

Cette guerre aura fait beaucoup de victimes, directes ou collatérales, humaines et économiques, à court et long terme. Bien que la menace fut à priori identique partout sur la planète, les conséquences furent très variées en fonction de la rapidité des gouvernements et des sociétés à préparer des plans d’action solides, à communiquer des consignes claires aux peuples et aux salariés, à leur capacité collective de pouvoir juger, évaluer, parfois questionner, mais surtout d’exécuter les consignes données de façon honnête et responsable.
L’expérience est ce que l’on acquiert après en avoir eu besoin. Chacun tirera, espérons le, de cette guerre les enseignements personnels nécessaires pour préparer la prochaine.

 

Par Olivier PEDRON,
Président
COLLINS AEROSPACE France

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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