Vive le grand écart ! Les Afrique (s) se réinventent

 

Ce mardi 21 avril 2020 est un jour historique : le grand écart, entre d’un côté la chute vertigineuse du prix du baril, avec ses conséquences économiques et sociales d’impact court terme, et d’un autre côté le prix de la vie qui n’a jamais été aussi haut.

 

Un prix négatif du baril, qui renvoie aux abîmes les efforts faits pour développer les énergies renouvelables, surtout là où elles sont devenues indispensables, en Afrique. Faudra-t-il voir bientôt refleurir les choix des énergies charbonnées, comme déjà la Chine en semble prendre le pas ? Nous sommes entrés dans une voie impensable il y a encore quelques semaines, des choix stratégiques et déterminants pour l’avenir des nôtres. Ceux qui déjà vivent, tentent de trouver un avenir meilleur pour leurs propres enfants, vont avoir à choisir : soit le court terme et l’escalade du renouveau d’un monde « d’avant », soit une fantastique percée sur l’avenir et cette quête d’un monde plus « nouveau ». Il faut choisir.

Le moment -quelques mois à peine- nous renvoie à nos choix essentiels : l’économie ou la vie, l’existence ou la pérennité… Et là, les Afrique(s) se réinventent. Ce besoin et cette nécessité vitale de sauver d’abord l’homme avant toute autre considération méritent d’être salués. Les 54 pays d’Afrique ont décidé de gérer chacun leurs solutions – comme nous d’ailleurs si baroque en Europe… – avec des fortunes pour l’heure diverses. Les droits de l’homme s’offusquent, s’étouffent parfois, mais force est de constater que protéger d’abord et avant tout sa population – donc, ses talents, son innovation, sa jeunesse et sa générosité – engage les pouvoirs publics au premier niveau. Certains y souscrivent. D’autres hésitent… Le marteau de l’histoire donnera raison aux uns et aux autres. Mais une chose est sûre, le jugement des peuples sera sévère, comme une sorte de réhabilitation de cette notion d’intérêt général oubliée depuis une dizaine d’années.

Le cours du baril a chuté, il reviendra sans doute à un cours moyen, mais relativement faible tant qu’il ne sera pas poussé par cette course à la « croissance » et l’industrialisation. Pas tout à fait certain que nous reprenions une course folle. Les pays africains producteurs voient s’effondrer leurs ressources budgétaires. Ils ne sont pas quelques centaines de milliers …mais près de 1,3 milliard de femmes et d’hommes à vouloir vivre dignement, et ils savent que les années qui viennent vont être dures, difficiles, de choix essentiels. C’est une occasion unique, historique -certains l’ont déjà bien compris et l’anticipent en Afrique(s)- pour prendre ce pas d’avance et changer les paradigmes traditionnels et séquencés du développement.

Nous, l’Europe, la France, devront être là et à leurs côtés, parce que c’est notre intérêt universel et partagé.

 

Par Patrice FONLLADOSA,
Président (Re)Sources
Membre du Comité Stratégique Avisa Partners
Président Afrique CEPS

 

Pour plus de textes sur ce sujet, veuillez consulter le lien suivant :

https://afrique.latribune.fr/think-tank/tribunes/2020-04-22/vive-le-grand-ecart-les-afrique-s-se-reinventent-845826.html

 

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