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De la terre à la mer : nouvelles perspectives de développement
18Janvier 2012
Auteurs : CEPS

De la terre à la mer : nouvelles perspectives de développement. Quelle stratégie pour la France et pour l’Europe ?
PROBLEMATIQUE
Les océans couvrent 2/3 de la surface de la planète. Les enjeux, à la fois stratégiques et complexes, interpellent notamment :
- les questions politiques et juridiques relatives à la délimitation des espaces maritimes : mer territoriale, zones sous juridiction (zone économique exclusive, zone de pêche, zone de protection écologique, plateau continental) ;
- les interrogations économiques (gestion de la pêche, pétrole, gaz, nodules de sulfures polymétalliques), la dimension géopolitique du trafic maritime, notamment des hydrocarbures ou du shipping ;
- les aspects environnementaux : protection du milieu marin, régime des fonds marins, hydrothermalisme sous-marin, régime de l’Antarctique et des mers australes… développements récents de l’extension du plateau continental au-delà de 200 milles nautiques.
Des ruptures se dessinent avec l’ouverture de nouvelles routes maritimes et l’exploitation des ressources géologiques du Pôle Nord. De nombreuses opportunités aussi. La mer, peu contrôlée aujourd’hui, est un espace stratégique qui demeure insuffisamment pris en compte par l’ensemble des acteurs publics et privés (Etats, organisations internationales, grands groupes, PME, etc.).
ELEMENTS POUR UNE REFLEXION PROSPECTIVE
Au niveau international, un certain nombre de travaux sur l’importance stratégique de la mer ont été engagés par différents organismes, tels que l’OCDE.
Malgré ces efforts, il semble que l’idée d’une véritable économie de la mer demande à être mieux caractérisée avec en exergue, la difficulté soulignée de la construction d’un socle de concertation entre Etats, d’une mutualisation des efforts, aussi bien pour les organisations internationales, les entreprises que d’autres acteurs concernés.
Dans le même temps, des perspectives prometteuses liées aux facteurs d’évolution ci-dessous, font leur apparition :
- La croissance exponentielle du trafic des containers : dans un scénario moyen, il serait multiplié par 3 (soit environ 1700 TEU par an) d’ici 2030 et jusqu’à 6 d’ici 2050 ;
- La croissance parallèle des investissements portuaires, qui serait de 200 milliards de dollars pour la période 2009-2015 et d’environ 630 milliards de dollars de 2015 à 2030 ;
- Le développement à grande échelle des infrastructures et du génie civil, par exemple, le canal de Panama, le canal de Suez, les projets de canaux en Malaisie ou en Turquie pour permettre l’accès à la mer Noire sans passer par le Bosphore, les travaux dans les Hinterlands pour le transport, ou encore le stockage, le groupage/dégroupage, la construction de zones franches, de terminaux méthaniers ou LNG et des gazoducs ;
- Le doublement des besoins mondiaux d’aquaculture de 40 à 80 millions de tonnes en 2030 ;
- Le maintien d’une production de pétrole off shore, dont les chiffres semblent en forte croissance ;
- Les opportunités dans les évolutions d’activités que l’on pourrait éventuellement qualifier de « classiques » : assurance, financement, tourisme, croisières, services de certification, énergie éolienne ou marémotrice, biocarburants, nodules minéraux, biologie marine, habitat humain etc.
Il devient incontournable et urgent de se mobiliser pour apporter des réponses les plus concrètes possibles, aux questions politiques, économiques et sociales que posent les enjeux maritimes.
Au niveau opérationnel, les réalités économiques et maritimes sont, en grande partie, jugulées par les Marines de guerre, dont le rôle crucial est régulièrement souligné dans la perspective de ces enjeux de croissance.
Les organisations internationales ne peuvent pas se substituer aux rôles des Etats. Bien qu’occupant la 2e zone économique exclusive, la perception française de la mer tient dans cette paraphrase d’Eric Tabarly : la plupart de nos concitoyens en ignorent les contours. Pourtant, avec 11 millions de m² et des ressources stratégiques nombreuses, notamment au large de la Guyane, il serait intéressant de se réapproprier la mer, par-delà les façades maritimes.
Il n’est donc pas étonnant que plusieurs puissances émergentes fassent de la mer un enjeu prioritaire. La Chine quant à elle s’implique toujours davantage. Certains axes, comme le canal de Panama, de Suez ou le Cap Horn, ont toujours fait l’objet de visées et convoitises multiples.
En France, parmi les projets liés aux énergies marines renouvelables ou aux programmes éoliens offshore, la compétition entre des consortiums d’industriels (AREVA, GDF Suez, Vinci, Iberdola, Technip ou encore, EDF Energies nouvelles, Alstom, Dong Energy, Nass Offshore, Poweo ENR, WP Offshore) alimente notamment l’actualité internationale et locale.
Cette perspective émergente prometteuse pourrait se révéler dans un futur proche une source non-négligeable d’emplois. A cet égard il conviendra de mobiliser l’univers politique qui reste encore à l’heure actuelle étonnement frileux sur ce sujet.
Au demeurant, de nombreuses opportunités géographiques (Nouvelles Calédonie, Ghana, Golfe du Mozambique…) en ressources naturelles (granulats marins, pierres précieuses…) ou encore celles soulignées par différents comités interministériels de la mer, militent pour un développement des industries françaises.
D’autres pistes sont mises en évidence, notamment celle des ports comme outil d’investissement et de développement ou encore, celle de la valorisation des produits de la mer (aquaculture, santé, produits domestiques…).
CONCLUSION
La mer peut être considérée comme un enjeu essentiel et international pour l’humanité. Ainsi, on peut estimer que le rôle et la place de la mer seront de plus en plus importants. Il est urgent de comprendre ces évolutions, les anticiper pour mieux en bénéficier. Mais avant tout le phénomène maritime, plus que des technologies, a besoin que les hommes et les femmes qui constituent la nation, aient la volonté de s’approprier la mer.
Les océans couvrent 2/3 de la surface de la planète. Les enjeux, à la fois stratégiques et complexes, interpellent notamment :
- les questions politiques et juridiques relatives à la délimitation des espaces maritimes : mer territoriale, zones sous juridiction (zone économique exclusive, zone de pêche, zone de protection écologique, plateau continental) ;
- les interrogations économiques (gestion de la pêche, pétrole, gaz, nodules de sulfures polymétalliques), la dimension géopolitique du trafic maritime, notamment des hydrocarbures ou du shipping ;
- les aspects environnementaux : protection du milieu marin, régime des fonds marins, hydrothermalisme sous-marin, régime de l’Antarctique et des mers australes… développements récents de l’extension du plateau continental au-delà de 200 milles nautiques.
Des ruptures se dessinent avec l’ouverture de nouvelles routes maritimes et l’exploitation des ressources géologiques du Pôle Nord. De nombreuses opportunités aussi. La mer, peu contrôlée aujourd’hui, est un espace stratégique qui demeure insuffisamment pris en compte par l’ensemble des acteurs publics et privés (Etats, organisations internationales, grands groupes, PME, etc.).
ELEMENTS POUR UNE REFLEXION PROSPECTIVE
Au niveau international, un certain nombre de travaux sur l’importance stratégique de la mer ont été engagés par différents organismes, tels que l’OCDE.
Malgré ces efforts, il semble que l’idée d’une véritable économie de la mer demande à être mieux caractérisée avec en exergue, la difficulté soulignée de la construction d’un socle de concertation entre Etats, d’une mutualisation des efforts, aussi bien pour les organisations internationales, les entreprises que d’autres acteurs concernés.
Dans le même temps, des perspectives prometteuses liées aux facteurs d’évolution ci-dessous, font leur apparition :
- La croissance exponentielle du trafic des containers : dans un scénario moyen, il serait multiplié par 3 (soit environ 1700 TEU par an) d’ici 2030 et jusqu’à 6 d’ici 2050 ;
- La croissance parallèle des investissements portuaires, qui serait de 200 milliards de dollars pour la période 2009-2015 et d’environ 630 milliards de dollars de 2015 à 2030 ;
- Le développement à grande échelle des infrastructures et du génie civil, par exemple, le canal de Panama, le canal de Suez, les projets de canaux en Malaisie ou en Turquie pour permettre l’accès à la mer Noire sans passer par le Bosphore, les travaux dans les Hinterlands pour le transport, ou encore le stockage, le groupage/dégroupage, la construction de zones franches, de terminaux méthaniers ou LNG et des gazoducs ;
- Le doublement des besoins mondiaux d’aquaculture de 40 à 80 millions de tonnes en 2030 ;
- Le maintien d’une production de pétrole off shore, dont les chiffres semblent en forte croissance ;
- Les opportunités dans les évolutions d’activités que l’on pourrait éventuellement qualifier de « classiques » : assurance, financement, tourisme, croisières, services de certification, énergie éolienne ou marémotrice, biocarburants, nodules minéraux, biologie marine, habitat humain etc.
Il devient incontournable et urgent de se mobiliser pour apporter des réponses les plus concrètes possibles, aux questions politiques, économiques et sociales que posent les enjeux maritimes.
Au niveau opérationnel, les réalités économiques et maritimes sont, en grande partie, jugulées par les Marines de guerre, dont le rôle crucial est régulièrement souligné dans la perspective de ces enjeux de croissance.
Les organisations internationales ne peuvent pas se substituer aux rôles des Etats. Bien qu’occupant la 2e zone économique exclusive, la perception française de la mer tient dans cette paraphrase d’Eric Tabarly : la plupart de nos concitoyens en ignorent les contours. Pourtant, avec 11 millions de m² et des ressources stratégiques nombreuses, notamment au large de la Guyane, il serait intéressant de se réapproprier la mer, par-delà les façades maritimes.
Il n’est donc pas étonnant que plusieurs puissances émergentes fassent de la mer un enjeu prioritaire. La Chine quant à elle s’implique toujours davantage. Certains axes, comme le canal de Panama, de Suez ou le Cap Horn, ont toujours fait l’objet de visées et convoitises multiples.
En France, parmi les projets liés aux énergies marines renouvelables ou aux programmes éoliens offshore, la compétition entre des consortiums d’industriels (AREVA, GDF Suez, Vinci, Iberdola, Technip ou encore, EDF Energies nouvelles, Alstom, Dong Energy, Nass Offshore, Poweo ENR, WP Offshore) alimente notamment l’actualité internationale et locale.
Cette perspective émergente prometteuse pourrait se révéler dans un futur proche une source non-négligeable d’emplois. A cet égard il conviendra de mobiliser l’univers politique qui reste encore à l’heure actuelle étonnement frileux sur ce sujet.
Au demeurant, de nombreuses opportunités géographiques (Nouvelles Calédonie, Ghana, Golfe du Mozambique…) en ressources naturelles (granulats marins, pierres précieuses…) ou encore celles soulignées par différents comités interministériels de la mer, militent pour un développement des industries françaises.
D’autres pistes sont mises en évidence, notamment celle des ports comme outil d’investissement et de développement ou encore, celle de la valorisation des produits de la mer (aquaculture, santé, produits domestiques…).
CONCLUSION
La mer peut être considérée comme un enjeu essentiel et international pour l’humanité. Ainsi, on peut estimer que le rôle et la place de la mer seront de plus en plus importants. Il est urgent de comprendre ces évolutions, les anticiper pour mieux en bénéficier. Mais avant tout le phénomène maritime, plus que des technologies, a besoin que les hommes et les femmes qui constituent la nation, aient la volonté de s’approprier la mer.
Siméon MONTROSE
Officier de réserve, Marine nationale
Rapporteur du Club Nouvelles Perceptions
Officier de réserve, Marine nationale
Rapporteur du Club Nouvelles Perceptions
Prix TTC, dont 4 € de frais de port : 10.00 €
Pièce jointe :publication_198_Club-Nouvelles-Perceptions_06-12-11.pdf
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