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Eviter de faire du sommet de Copenhague un vrai handicap pour l'Afrique
Lors des rencontres de Kyoto un certain nombre d’Etats s’étaient engagées à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 5.5% sur la période 2002-2012.
Le sommet de Copenhague qui se tiendra en décembre 2009, devrait entre-autre définir les engagements de l’après 2012. La dynamique générée à Kyoto, la mobilisation croissante et globale des acteurs de la société civile sont autant d’éléments qui laissent augurer d’une plus grande adhésion des Etats à ce processus.
Néanmoins, on peut s’interroger, certes pas sur l’intérêt de participer à la réduction des émissions de gaz à effet de serre, mais plutôt sur les conséquences que pourrait avoir une adhésion franche et massive de l’Afrique à un tel processus. Distancés économiquement, les pays émergent ont-ils raisonnablement intérêt à ratifier les futurs accords de Copenhague et à pénaliser leur dynamique de croissance économique ? De surcroit, confronté à une crise économique de très grande ampleur et dont les causes sont très majoritairement dues aux pays occidentaux, quel discours tenir aux populations africaines ? Afficher, qu’au nom de la solidarité universelle, l’Afrique prenant acte des conséquences écologiques de l’activisme industriel occidental mené ces dernières années, décide de réduire ses capacités de développement industriel ? L’importance des enjeux du sommet de Copenhague ne saurait être un exercice qui concrètement reviendrait à pénaliser encore plus durablement l’Afrique. Constatons, en effet, que l’Afrique est un des continent qui a contribué le moins aux émissions de gaz à effet de serre et que son niveau de développement économique repose en grande partie sur l’exploitation entre-autre des ressources minières et pétrolières. Un vrai sommet doit être consensuel si l’on souhaite qu’il soit efficace. Il se doit de respecter la singularité des points de vue, militons en ce sens pour que les rencontres de Copenhague reconnaissent la singularité de la démarche africaine, tout simplement qu’ils prennent en compte ces données de fait, alors ce sommet pourrait être un véritable exercice de sens et de bon sens.
Louise COFFI, responsable des relations institutionnelles, CEPS




