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L'AEDS, un organisme en devenir qui doit rester à sa place
10Juillet 2009
Auteur : Loïc Tribot La SpièreThèmes : Défense, Europe
C'est une grande tentation qu'ont bien souvent les spécialistes, de s'étonner que leur sphére d'engagement ne suscite pas autant d'attraits et d'enthousiasme qu'ils le souhaitaient.
Les convictions si nobles soient elles, ne sauraient
voiler la réalité des faits, encore plus lorsqu'on est dans un exercice
de consensus. L'adhésion démocratique et la dynamique européenne
restent à incarner. Les récentes élections européennes n'ont fait que
confirmer cet état de fait. Il serait à cet égard illusoire de vouloir
essayer d'écrire ou plutôt d'envisager une Europe, si ce n'est uniforme
du moins solidaire, sur un sujet aussi intégrateur et délicat qu'est
celui de la Défense. L'Europe peine à essayer d'amorcer des réponses
cohérentes face à la crise économique et financière. Pourquoi en
serait-il différemment pour les grandes questions ayant trait à la
Défense ? L'Europe est un souhait partagé mais dans le respect des
marges de manoeuvre des Etats surtout lorsqu'il s'agit de domaines à
caractères souverains. L'Europe de la défense reste un sujet en
devenir. Certes, on a pu relever certaines avancées mais elles restent
globalement cantonnées au domaine de la compréhension des enjeux et de
l'engagement de quelques Etats à approfondir certains sujets ensemble.
Depuis 1976, on n'a cessé dans un esprit volontariste de créer, de
faire évoluer des organismes pouvant permettre de faire émerger une
Europe de la Défense qui devait avoir vocation à être une véritable
dynamique. Le constat est éloquent. L'Europe de la Défense n'a pas
substantiellement avancée. De belles initiatives ont été prises par des
personnalités de talents engagées que se soient au sein du Groupement
Européen Indépendant de Programme (GEIP) puis du Groupe Armement de
l'Europe Occidentale (GAEO) puis de l'Organisation Conjointe de
Coopération en matière d'Armement (l'OCCAR) et enfin de l'Agence
Européenne de Défense (AEDS). Elles ont essayé de prendre une place
dans la dynamique européenne qui ne les attendait pas. Reconnaissons,
néanmoins, le grand mérite de l'AEDS d'avoir essayé, dans un souci
d'harmonisation opérationnel et budgétaire, de proposer aux Etats
européens des initiatives « fédératrices ». Certains s'étonnent des
faibles résultats de l'AEDS, mais en l'occurrence, cet organisme n'a
fait que répondre à son objectif affiché et de surcroit en fonction des
moyensalloués. L'AEDS ne saurait à elle seule incarner une volonté
européenne de Défense et encore moins avoir vocation à devenir une
agence d'acquisition en l'absence d'une volonté politique clairement
affichée. La question lancinante de ses moyens budgétaires doit être
évaluée en fonction de ses missions. L'AEDS reste un organisme
d'analyse, d'évaluation et de proposition. L'AEDS ne s'essouffle pas,
elle accomplit tout simplement la mission qui lui est dévolue avec
efficacité. La question budgétaire n'est certainement pas une priorité
surtout au regard des objectifs fixés et des résultats obtenus.
Loïc Tribot La Spière, délégué général




