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La politique d’aide au développement des pays émergents
La politique d’aide au développement des pays émergents : une véritable opportunité pour l’Afrique ?
Depuis le début des années 2000, un certain nombre de pays émergents, tels la Chine, la Malaisie, le Brésil, l’Inde. .. ont amorcé et décidé de mener, pour ne citer que les plus caractéristiques, une politique de présence méthodique sur le continent africain. La démarche, sans doute plus significative médiatiquement parlant, est sans conteste celle menée actuellement par la Chine. Le montant des volumes des échanges entre la Chine et l’Afrique s’élevait en 2008 à environ 107 milliards de dollars. La Chine consacre à l’heure actuelle à L’Afrique, environ la moitié de son aide au développement. Lors du second forum pour la coopération entre la chine et l’Afrique, qui devrait se tenir en fin d’année 2009, pourrait être annoncée un certain nombre de grandes mesures à portée symbolique comme des annulations de dettes, de nombreuses constructions d’infrastructures…
Cependant gardons en mémoire :
- Que les investissements faits par l’Inde et la Malaisie restent et sont en volume supérieurs à ceux de la Chine ! (Il est à noter que les investissements menés par l’Inde en Afrique proviennent exclusivement d’acteurs du secteurs privé)
- Que les échanges entre l’Afrique et la Corée du sud s’élèvent à 186 milliards de dollars avec les Etats Unis à 224 milliard de dollars, avec le Japon à 267 milliards et avec l’Europe à 427 milliard !
- Certes, la chine a su prendre une place significative en Afrique mais reconnaissons qu’elle est, à l’heure actuelle, fortement surestimée sur le plan politique et médiatique !
Le rôle croissant des pays émergents et, à la fois une opportunité, mais aussi un réel défi pour l’Afrique. Si l’on ne peut que louer de voir d’autres Etats plus nombreux se préoccuper de l’avenir du continent africain, on doit néanmoins s’interroger sur la lancinante question de la pertinence voire de l’efficacité de ces aides. Est-ce que la multiplication significative des actions menées pourra enfin répondre aux vrais besoins du continent et de ses populations ? Constatons que les politiques d’aides menées par les pays occidentaux, ces quarante dernières années, se sont révélées assez inefficaces. Pourrait-il cette fois-ci en être autrement ? Est-ce qu’il n’y a pas un risque de voir se développer et s’accentuer une politique d’exploitation du sol et du sous-sol africain sans prise en compte des besoins économiques sociaux et environnementaux locaux. Il y a un réel risque de voir l’Afrique reléguée à un statut de « territoire d’investissement » voire de « territoire extérieur ». Un territoire où les Etats non-africains construisent des infrastructures en fonction des projets qu’ils souhaitent développer, achètent des territoires pour répondre à leurs besoins alimentaires, voire les peuplent de leurs ressortissants… ! Constatons à cet égard la singularité de la démarch de l'Inde qui a choisi délibérement de se fondre dans le paysage africain en formant la ressource humaine sur place en menant une politique de transfert de technologies réelle et adaptée.
L’Europe ne peut se permettre de regarder l’Afrique avec distance et encore moins de constater voire de regarder se développer des actions qui ne répondent que très partiellement aux besoins réels des populations et qui à moyen terme pourraient se révéler plus négatives qu’il n’y paraît.
La période que nous allons connaître sera intéressante, elle verra se développer une certaine forme de concurrence entre pays émergents et pays développés. Il est à souhaiter que l’Afrique en soit véritablement et pleinement le principal bénéficiaire ! Ce pourrait être en tout cas une occasion pour l’Europe de redéfinir sa vision de l’Afrique, avec les africains !
Louise COFFI, responsable des relations institutionnelles, CEPS




