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Mettons un terme à la grande braderie des terres !

10Octobre 2011
Auteurs : Loïc Tribot La Spière, Laëtitia SagnoThèmes : Gouvernance, Afrique, Questions sociales

En l’espace de quelques années, près de 33 millions d’hectares de terres arables africaines ont été vendues ou louées à des investisseurs non africains.


Ce phénomène relativement récent a pris une ampleur monumentale et ne semble pas s’atténuer, loin de là. Il pourrait très rapidement bouleverser profondément les écosystèmes régionaux et avoir des incidences climatiques non négligeables, dues en partie à des politiques de déboisement intensif voire à la réallocation des cultures.

A cet égard, on ne soulignera jamais assez les conséquences désastreuses causées par la culture intensive d’agro-carburants. D’immenses espaces, autrefois dédiés à la production alimentaire, ont été réalloués à la culture du sucre, du jatropha, de l’huile de palme…

Actions qui ne seront pas sans conséquence sur les équilibres géo-humains. A ces bouleversements, il convient aussi de mentionner que, dans bien des cas, les fruits des récoltes, sont de plus en plus orientés vers l’export au détriment du marché intérieur, des populations locales.

A ces problèmes de réaffectation d’activités des terres se pose par ailleurs de manière aigue celui de la propriété et de la subsistance des populations locales. En effet, très peu de propriétaires locaux sont détenteurs de titre de foncier pouvant être considéré comme opposable, dans des pays où le cadastre est inexistant ou très approximatif.
 
L’ensemble de ces dérives contribuent à construire les éléments d’un scénario terriblement prévisible fait de tensions et à terme de violence. Il est grand temps d’ouvrir les yeux et de réagir !
 
Laëtitia SAGNO, Chargée de mission Afrique
Loïc TRIBOT LA SPIERE, Délégué Général

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