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La gouvernance à crédit : les limites de l’exercice

01Février 2010
Auteur : Caroline PintaudThème : Gouvernance

On savait, depuis quelques années, que bon nombre d’Etats vivaient, gouvernaient au-dessus de leurs moyens.

On avait même fini par considérer que cela pouvait être un mode de gestion normale (le déficit budgétaire de l’Irlande représentait 12.2% de son PIB en 2009, celui de l’Espagne, 9.6%...). Il est vrai que, malgré et indépendamment de leur déficit budgétaire, certains Etats ont même souhaité accroître leur niveau d’endettement en empruntant pour se donner les moyens de relever les défis de l’avenir !

La tragicomédie grecque a le mérite de remettre à l’honneur les vertus du bon sens et de rappeler, dans le contexte actuel de crise mondiale, que les autorités publiques, elles aussi, peuvent manquer cruellement de discernement et, ce qui est encore plus grave, qu’elles peuvent même masquer l’état exact de leur situation budgétaire !
L’état grec, en la circonstance, s’est discrédité en ne tenant aucun de ses engagements mais surtout, en présentant une situation erronée des faits. Confronté à la fois à un fort déficit budgétaire et à un endettement estimé à environ 12.7% de son PIB en 2009 (selon les très récentes estimations de l’OCDE, l’emprunt public net de la Grèce s’élèverait à 86% de son PIB à la fin 2009 alors que celui de l’Irlande et de l’Espagne n’étaient respectivement que de 25% et 33% !)
La dérive budgétaire qui sévit au sein de la zone euro, pourrait augurer, sans réponse concrète crédible, une véritable crise de la dette souveraine. L’ampleur des déficits et les risques d’embrasement qu’ils font courir, imposent des décisions précises et muries, compte tenu des conséquences qu’ils ne manqueraient pas d’avoir. En tout état de cause, les solutions et les garanties qui pourraient être apportées (clarté et efficacité obligent) ne sauraientt être données sans l’acceptation d’un véritable contrôle des budgets de la part des Etats demandeurs, et plus particulièrement en ce qui concerne la Grèce. La confiance n’est pas un chèque en blanc, elle se mérite !

 

Caroline Pintaud, Chargée de mission, CEPS

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