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Copenhague ou l’art de « sommetiser » pour ne rien dire !

12Janvier 2010
Auteurs : Louise Coffi, Caroline PintaudThèmes : Environnement, Solidarité internationale

Il y a quelques semaines, à grand renfort médiatique, 192 nations se mobilisaient à Copenhague pour essayer d’apporter des solutions concrètes à un phénomène clairement identifié qui touche tous les

L’enjeu était tel qu’il avait mobilisé, avant la tenue du sommet, plusieurs dizaines de milliers d’experts, de responsables associatifs et de leaders d’opinions qui avaient tenu à apporter leur contribution, sans parler des travaux des nombreux fonctionnaires internationaux et des diplomates mobilisés depuis plus de 2 ans.
Le résultat n’est véritablement pas à la hauteur de l’enjeu et ne répond certainement pas aux légitimes attentes des populations. La conférence sur le changement climatique s’est soldée par un texte final aux ambitions limitées sans aucune contrainte juridique : une déclaration de bonnes intentions incitant les Etats à afficher leurs objectifs et à se réunir pour avancer. Le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon a su d’ailleurs, de manière surprenante, résumer la situation : « ce n’est peut-être pas tout ce que nous espérions mais cette décision est une étape essentielle ». Ce commentaire subtil, diplomatiquement élastique, reflète parfaitement la dimension navrante de ce sommet. D’un presque rien, on n’a jamais fait une étape essentielle ! On s’honore parfois en se taisant ! Ce sommet est néanmoins riche d’enseignement :
•    L’Europe, qui dans les faits, est parmi les Etats industrialisés, celui qui contribue le plus à diminuer sa consommation de CO2, s’est révélée encore une fois incapable de parler d’une seule voix !
•    Les pays émergents ont su, de leur côté, se mobiliser et faire entendre enfin un message qui, jusqu’alors était faiblement relayé, en l’occurrence pourquoi les très faibles pollueurs seraient-ils autant sanctionné que les autres et pourquoi se voient-il conditionnés et limités dans leur perspective de licenciement ?
•    Les 2 Etats les plus pollueurs en matière d’émission de CO2 au monde, à savoir les Etats Unis et la Chine, ont su imposer leur vision d’un vague accord mondial sur le climat sans contrainte.
•    La Chine a su remarquablement manœuvrer en s’affichant sans complexe non seulement en leader du groupe des pays en développement (au détriment au final de ces derniers) mais aussi en tant que seconde puissance économique mondiale.
Reste posée la question de l’intérêt et de l’efficacité de ce type de rencontre fort coûteuse et au résultat aussi dérisoire. S’il est essentiel que ce type de sujet à enjeux planétaires soit abordé et traité par le plus grand nombre, il n’est plus acceptable qu’il ne débouche sur rien de concret. Il n’est plus acceptable que quelques Etats puissent paralyser, dénaturer des décisions à implication universelle et néanmoins souhaitées par une forte majorité de peuples. Il n’est plus nécessaire de se réunir si on ne remet pas en cause ce système de négociations d’un autre âge ! Il est temps d’en finir avec cette forme d’expression non démocratique.
Le message est clair : boycottons le prochain sommet si les règles ne changent pas !

Caroline PINTAUD et Louise COFFI

 

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